Comptant parmi les producteurs les plus demandés au monde, David Guetta est sur le point de sortir la musique électronique du cadre de l’underground international, sur lequel il règne en maître en tant que meilleur DJ House. Grâce à son association avec certains grands noms de la scène urbaine et à l’introduction de talents inconnus, un autre niveau semble se profiler à l’horizon.
Artiste aux multiples disques de platine en Europe, il compte à son actif trois albums classés parmi les meilleures ventes à ce jour (Just a Little More Love 2002 ; Guetta Blaster, 2004 ; Pop Life, 2007). Sa signature musicale faite d’originalité, d’électro, de house et de dirty pop enflamme le reste du monde, où régnait, jusqu’à présent, un secret propre au monde de la nuit.
C’est le 24 août que sort le très attendu 4ème album de David Guetta. Parmi les collaborations, on notera des titres avec Kelly Rowland, Will.I.Am, Estellen Akon, Novel et, bien entendu, la célèbre voix des précédents hits de David Guetta, Chris Willis. Sans compter les autres featurings qui ne peuvent pas encore être dévoilés. David Guetta a également produit le prochain single des Black Eyed Peas, I Got A Feeling, numéro 1 aux Etats-Unis.
Pour cette occasion Hexadance a rencontré l’artiste il y a quelques jours dans un hôtel à Genève…
On parle régulièrement de tes venues dans certains clubs ou événements suisses. On aime la Suisse ou les suisses ?
J’aime les suisses avant tout car j’ai une histoire avec un club qui s’appelle le MAD à Lausanne qui remonte à 10 ans. C’est une vraie histoire de famille. J’aime bien venir ici, car il y a un public qui venait me voir au tout début et qui est encore là aujourd’hui mélangé à la nouvelle génération. C’est assez incroyable ! En plus, je trouve qu’il y a une vraie culture DJ en Suisse et à Lausanne en particulier. Je me sens en peu à la maison quand je viens ici. Parce que finalement, il n’y a pas tant de clubs où je suis venu aussi régulièrement comme le MAD. Il n’y a pas beaucoup de clubs dans le monde qui tiennent aussi longtemps et qui ont une vraie histoire culturelle. Je trouve ça super alors quand je viens ici, c’est pour ça que je me trouve comme à la maison.
Tu es un des dj/producteurs les plus demander de la planète comment as-tu trouvé du temps pour composer ce nouvel album ?
Cette année fut horriblement chargée. L’album m’a pris un an à le faire. Il faut du temps quand même ! (Rires !).
Et quelle est ta façon de travailler ?
Je travaille assez vite et je peux faire de la musique un peu partout dans le monde. Mes morceaux sont à la base ‘instrumentales’ et très ‘deejaying’. Ensuite je colle une chanson dessus. Autrement c’est le contraire, il y a des compositions qui sont un peu plus traditionnelles avec un thème et ensuite on rentre dans un truc dansant. Si non, je remixe moi-même mes propres morceaux car, souvent, quand tu mets une voix, tu as besoin de beaucoup d’éléments harmoniques et cela devient très riche musicalement. Alors dès que j’ai la chanson, j’enlève quelques éléments harmoniques pour que ça sonne mieux et que le morceau soit plus léger qu’à la base.
Pas facile tout ça ?
C’était très dur à faire. C’est pour cette raison que je le fais en plusieurs périodes. Je crée beaucoup de musiques avec mon ordinateur portable dans l’avion, à l’hôtel, etc.
Et cela te prend beaucoup te temps à finaliser tous ces morceaux ?
J’ai pris trois mois complètement « off » sans faire de dates de DJ, parce que cela aurait été juste impossible autrement ! Et dans ces trois mois, j’ai passé deux mois à Los Angeles à enregistrer l’album.
Où as-tu trouvé ton inspiration pour la composition et le choix de tes morceaux* ? *Est-ce des lieux, des personnes, des sons, des odeurs, des sentiments, … ?
La plus part du temps, je compose des morceaux que j’ai envie de jouer en tant que DJ. Des morceaux instrumentaux, j’en fais plein. Les gens ne savent pas forcément quand je les joue mais je joue beaucoup de morceaux que je crée. Et après il y en a quelques uns qui sortent du lot, qui sont plus « musicaux ». Pour faire une chanson c’est autre chose. Il faut qu’il y ait ce beat qui fait danser mais il faut aussi de l’émotion. Et quand j’ai réussi ça, j’essaie de faire une chanson. J’aime bien me laisser porter, vu que j’ai appris à composer sur le tar. Je suis d’abord un DJ. Et à force d’être DJ, d’écouter de la musique, j’ai commencé à faire ma propre musique. Mais je ne suis pas un vrai compositeur qui est capable de faire n’importe qu’elle style de musique. Je ne suis pas capable de faire autre chose de ce que je fais en faite. C’est déjà pas mal (Rires !). En même temps personne ne me demande de faire de la variété !
Sur le morceau « When Love Takes Over » on y retrouve la superbe voix de Kelly Rowland de Destiny’s Child. Comment cette collaboration est-elle née ?
J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Kelly Rowland à Cannes la première fois. Je faisais mon métier de DJ et j’ai joué ce titre « When Love Takes Over » en instrumental. Quand elle l’a entendu, elle est complètement tombée amoureuse du titre et elle m’a demandé si je serais d’accord pour qu’elle fasse une chanson dessus ? Donc évidement, j’étais super content ! Ensuite nous avons passé beaucoup de temps ensemble en studio.
Et pour les autres collaborations, comment cela c’est passé ?
C’est Kelly qui m’a présenté à Ne-Yo quand nous étions en studio. Elle était très contente de notre collaboration donc elle m’a fait une superbe publicité en parlant de mon travail. Au début elle me disait : « Toi tu es mon arme secrète je te garde que pour moi, je te donne à personne » et ensuite elle m’a dit : « Tu sais dans deux mois, tout le monde va t’appeler ». Et en faite elle avait raison. Les Black Eyed Peas m’ont appelé pour que je produise un titre « I got a Feeling » présent dans leur dernier album. Après ça, il y a eu une espèce d’enchainement… Je me suis retrouvé avec deux attachés de presse de luxe qui était Will.I.Am et Kelly Rowland qui parlaient de moi à tout le monde et donc j’ai eu pleins de gros artistes américains qui ont commencé à m’appeler. Ca tombait bien parce que j’avais vraiment envie de prendre une nouvelle direction. C’est mon 4ème album, donc j’avais envie de venir avec un nouveau son. Et étant très sensible au son hollandais que j’adore et que j’aime beaucoup le passer dans mes sets de DJ, j’ai trouvé que c’était une bonne direction à prendre quand j’ai commencé à travailler avec Will.I.Am et Kelly Rowland et tout c’est fait naturellement ensuite. Pareil pour cette autre expérience avec Ne-Yo… De travailler avec lui m’a vraiment inspiré car ce mec est un génie. C’est très impressionnant de le voir à l’œuvre. Il a une vitesse d’exécution, dans l’écriture ou dans la prise de voix, qui est complètement dingue. Quand j’ai fait le titre « Choose » avec lui, on s’est dit : « Mais c’est quoi comme style de musique ? ». Je trouve que c’est quand-même génial de faire un truc qui n’existe pas et c’est ça que j’ai trouvé si excitant dans ce nouvel album. Et pour finir avec Wil.I.Am, on a appelé ce style ‘electro-hop’, entre électronique et hip-hop !
Est-ce toi qui choisi les interprètes qui chanteront sur tes morceaux ?
Oui bien sûr… Enfin, en réalité ce n’est pas tout à fait comme ça. Souvent il y a des artistes qui m’ont appelés par qu’ils voulaient que je les produise. Alors je leur avais proposé un deal. C’est qu’à chaque fois que je produisais des titres pour leurs albums, je demandais, en échange, que ça soit sur mon album. A partir de là on se rencontre, je joue plein de truc en instrumental que j’ai composé et ensuite on choisi ensemble. Après il est évident que quand je rencontre Kid Cudi, je ne vais pas lui faire écouter la même chose que j’ai fait écouté à Chris Willis. Parce qu’il y a des morceaux hyper ‘hip-hop’ et d’autres qui sont hyper ‘pop’. Donc ce n’est pas du tout la même sensibilité et c’est justement génial d’être dans cette position de DJ/Producteur, car tu n’es pas limité par la voix. Pas comme un chanteur ou une chanteuse qui est limité avec sa voix. Qu’il soit un homme, une femme, un ténor, ou un baryton, aucuns ne fera la même chose. Alors que moi, si j’ai besoin que ça monte très haut, je peux prendre Kelly Rowland, et si j’ai besoin que ce soit très bas je peux prendre Kid Cudi.
Tu rencontres toujours ces artistes pour travailler en studio, ou tu travailles aussi avec des bandes-sons ?
Non j’ai rencontré tous les artistes qui sont présents sur mon album.
Ton single « When Love Takes Over » est placé en 1ère place dans les ‘charts’ du monde entier. Comment expliques-tu un tel succès ?
L’histoire de « When Love Takes Over » est assez incroyable parce que c’est le premier morceau que j’ai fait pour l’album. Alors, pour là suite de l’album j’étais assez décontracté (rires !).
Parce que tu étais stressé ?
Oui, tu as ce stress parce qu’avec le marché de la musique d’aujourd’hui, si tu n’as pas un single qui va en radio, ton album tu le mets au placard même s’il est très bien. Donc le fait d’avoir ce single avant même de commencer, c’est le confort absolu.
ET pour revenir sur l’histoire de « When Love Takes Over », c’était super car tout de suite j’ai senti que le titre avait du potentiel. J’ai envoyé le titre aux DJs, et tout de suite ils m’ont envoyés des mails pour me dire : « Ton titre est énorme ! ». Et quand on a envoyé le titre aux radios, le succès a été instantané dans le monde entier. C’est un truc qui ne m’est jamais arrivé. J’ai déjà eu la chance d’avoir plusieurs hits internationaux mais ça a toujours pris beaucoup de temps à être diffusé sur la terre entière. Par exemple, avec « Love is Girl », il marche au Etats-Unis que depuis un an. Alors qu’il était sorti il y a deux ans en Europe. Et là, ça a été instantané parce que le titre est sorti en même temps en Europe, aux Etats-Unis, et en Australie avec le même classement de numéro un. C’est juste incroyable ! Et je suis aussi très content que ce titre soit joué par les DJs les plus respectés et les radios ‘pop’.
Comment situes-tu ce très attendu 4ème album par apport aux trois albums sortis à ce jour (Just a Little More Love 2002; Guetta Blaster, 2004; Pop Life, 2007) ?
C’est un renouveau. C’est moi aujourd’hui. C’est se mettre en danger parce qu’à chaque fois que tu changes de style, tu te mets en danger. Mais je pense qu’au bout du quatrième album, c’était important de ce remettre en question. Ce nouvel album a un équilibre entre quelque chose d’assez dancefloor et émotionnel.
Quelle est ton état d’esprit avant de la sortie de ton nouvel album ?
J’y ai travaillé durant une année, jour et nuit. Je n’en ai pas dormi pendant longtemps. J’étais dans un état d’obsession qui était presque inquiétant pour ma famille. Je rêvais de ma musique, je dormais mal et je me réveillais au milieu de la nuit pour travailler sur mes morceaux. C’était vraiment n’importe quoi. Donc c’est bien que ça se soit calmé un peu, car cela devenait pénible pour mon entourage. Heureusement, aujourd’hui tout va bien, je suis très content de l’accueil du public pour mes premiers singles et j’espère que ça se passera de la même façon pour l’album.
Et maintenant parlons de l’avenir… Comment vois-tu la scène de la House/Electro évoluer ces prochaines années ?
Je pense que cette musique est entrain d’exploser dans le monde. La preuve c’est que, tous les artistes qui sont sur mon album m’ont appelé pour travailler avec moi aujourd’hui, ce qui aurait été encore inimaginable hier. Je crois que la Dance Music va prendre de l’ampleur aux Etats-Unis. On voit ce qui s’est passé avec Tim Baland qui s’influençait de sons électroniques et aujourd’hui avec Lady Gaga. Tout ça est juste incroyable et c’est quand-même un marché important et très influent alors si tous les artistes se mettent à s’intéresser à ce style de musique, ça va faire mal ! Pour ma part, je suis très content de ça, car j’ai toujours pensé que cette musique était sous estimée par les médias. Parce que quand tu vois les millions de jeunes qui sortent tous les week-ends pour écouter des DJs mixer cette musique et que cela reste aussi peu représenté par les médias, ce n’est pas normal. Encore ici ça va, mais dans le reste du monde c’est rien. Donc je suis content que ça change et que cette musique ait la place qu’elle mérite tout simplement au même titre que la pop, le hip-hop ou le rock.
Quelle est ta relation avec internet, est-ce toi qui gère tes propres pages MySpace, Facebook, etc. ?
Non, j’ai quelqu’un qui s’en occupe de mon site Internet, de mes pages MySpace et Facebook. Moi je suis à fond sur Twitter tous les jours. Et en ce moment, on est entrain de travailler sur un nouveau site mais ce n’est pas encore tout à fait prêt.
Dernière question… Sucré ou salé ?
Sucré ou salé ? (Rires !) P*** j’ai décidé d’arrêter le sucré depuis hier. C’est dur ! Parce que j’ai plus le temps de faire du sport. Alors je me suis dit : « Oh ! Il faut arrêter de se laisser aller là ! » Donc, j’ai dit « Allez ! C’est fini ! Plus de desserts pendant un moment ». C’est dur ! C’est très très dur ! Je souffre ! Je te le dis ! Et là, il y a un petit gâteau qui me fait de l’œil depuis tout à l’heure. Je lui dis : « T’arrête de me regarder comme ça ou….! ».
Merci pour tout et tout le meilleur pour ton nouvel album !
Merci à toi aussi.








21 Août 09: David Guetta